Jaillissement.

Le printemps est une étrange saison, qui alterne les jours de froid, voire de neige, et les grosses chaleurs quasiment estivales, où on peut savourer une soupe un soir et se régaler d’un barbecue le lendemain… ou le contraire (voir photo ci-dessous). Cette année, il aura débuté par des journées chaudes dès février, suivies par un retour du froid : il semble que l’Hiver n’ait pas beaucoup apprécié d’être évincé si vite.

 

 

 

 

 

 

Mais ça y est, le printemps paraît vraiment s’être installé. Je le sens à la lumière, aux journées grandissantes. Je le sens à une certaine légèreté de l’air. Je le vois au nombre croissant de promeneurs et de cyclistes.

Je le sens à une énergie intérieure durablement en hausse, et à des envies de ménage qui ne me lâchent pas. Moui, enfin, sauf s’il y a un thé qui passe.

 

 

 

 

 

Le printemps est la période où on peut enfin arrêter le chauffage en journée, et laisser les fenêtres ouvertes plus de 2 minutes consécutives sans être transformé en glaçon…

… où on peut enfin prendre le thé dehors sans être obligé de se transformer en chrysalide ou en momie…

 

… où les lapins pondent des œufs et où les poissonniers donnent enfin des fruits, en attendant que les pêchers donnent des pêches. C’est la période du carnaval et de ses folies.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je le vois à mes besoins de sorties. Cela fait quelques semaines que ça me démange de ressortir mon vélo, de dépoussiérer mes sacoches et ma tente pour partir en cyclo-camping. Alors je patiente avec philosophie en compagnie de Bernard Chambaz.

 

 

 

 

A défaut de pouvoir explorer le monde, je me suis lancée dans le jardinage, un monde nouveau pour moi. Oh, très modestement : quelques pots d’aromates sur la table. On ne rigole pas, merci. C’est aussi le moment de désapprendre pour ré-apprendre, et de découvrir le jardin punk, tout en jaillissement et exubérance, parfait pour ne pas être esclave de ses plantations. Le Petit traité du jardin punk, d’Eric Lenoir, aux éditions Terre Vivante, est une lecture o-bli-ga-toi-re en cette saison.

 

 

 

 

 

 

Nous avons célébré la semaine dernière l’équinoxe de printemps. En clair : le temps de lumière dépasse maintenant le temps d’obscurité et ce, jusqu’au solstice d’été.

C’est le moment où le Roi Chêne reprend le dessus sur son frère le Roi Houx.

20120_750454465069017_7650429561785146739_n(Source : https://stairnaheireann.net/2016/04/13/the-holly-and-oak-king/ ; Dessins : Anne Stokes)

D’ailleurs, pour ceux qui s’intéressent à la pédagogie Steiner-Waldorf et aux fêtes liées aux saisons dans les religions qui célèbrent la Nature et la Terre, deux ouvrages sont particulièrement indiqués en ce moment :

 

 

 

 

Cette part croissante de la lumière a commencé dès le lendemain du solstice d’hiver, pour être de plus en plus visible, notamment à partir de début février.

Autant en profiter, non ?

En faisant des recherches pour cet article, je me suis aperçue que je suis assez riche en livres, thés et accessoires qui évoquent l’été, l’automne et l’hiver, mais beaucoup plus démunie pour le printemps. Peut-être parce que c’est une saison où je lis moins qu’en période froide, et où je me tourne déjà vers l’été…

J’ai plus envie de sortir, de prendre des photos, de faire du vélo et de la randonnée, que de lire ou de passer du temps à me préparer un thé.

Pour accompagner mon énergie grandissante, parfois explosive, j’ai envie d’une boisson très tonique. Et je constate que ma consommation de café augmente !

J’ai tout de même réussi à rassembler des textes, des tasses et des thés qui conviennent à cette période d’ouverture.

A vous de les combiner à votre guise, en fonction de votre humeur et de la météo.

Tout d’abord, quelques-mots clés :

  • légèreté, ouverture, optimisme, croissance…
  • vert, rose, blanc, jaune, bleu… des couleurs qui progressivement se réchauffent.

 

C’est le moment de passer aux thés plus légers, comme les wulongs peu oxydés, presque verts (Tie Guan Yin, chinois), ou directement aux thés verts (sencha, japonais), dont l’astringence le dispute au sucré. Ils offrent une énergie rafraîchissante.

Tie Guan Yin, feuilles vertes roulées en perles qui se déploient magnifiquement dans l’eau chaude. Sencha, feuilles vert sombre satiné en aiguilles.

 

 

 

 

 

 

Et pour ceux qui le peuvent, c’est le moment de se régaler des nouvelles récoltes de thé !! Hélas, je ne les goûterai pas encore cette année, j’ai trop de thés à finir… Enfin, soyez tout de même prudents, certains thés nouveaux peuvent se révéler mortels, comme le juge Ti le découvre…

Un Long Jing, un des plus célèbres thés verts de Chine, à juste titre : un délice de douceur et de fraîcheur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est le moment de remiser le grès épais, les tasses lourdes qu’on a envie de tenir à deux mains, aux tons chauds ou couleurs de terre, pour ressortir la porcelaine fine et légère. Oui, légèreté est le mot qui convient à cette période de l’année.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D’accord, le bol ci-dessus n’est pas en porcelaine, mais la douceur de ses formes et de ses tons le mettent en harmonie avec cette saison. Le rose et le blanc feraient parfaitement ressortir le vert acide du matcha, mais je n’en ai plus, sniff… A défaut, je vous offre le vert du gingko au printemps.

 

Si vous préférez d’autres horizons, rien de tel qu’un petit séjour près du lac Baïkal pour admirer la puissance du passage de l’hiver au printemps sibérien, en compagnie de Sylvain Tesson, et d’un thé (ou d’une vodka).

 

 

 

 

C’est le moment où les livres parlant de voyage mais aussi de découverte de soi comme une nouvelle naissance, sont appropriés.

« La différence invisible », un roman graphique sur l’Asperger au féminin.

C’est le moment où les cerisiers sont en fleurs au Japon, et où l’infusion de fleurs de cerisiers en saumure accompagne parfaitement les dorayaki.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les sakura, symbole de l’éphémère et de l’impermanence au Japon : un coup de vent suffit à les faire tomber.

 

 

Mais le printemps n’est pas toujours douceur et fleurs.

C’est le moment où les morts-vivants peuvent apparaître…… et où un roman post-apocalyptique peut tout de même finir sur une note d’espoir et d’ouverture.

 

C’est le moment où le terme « éphémère » est maître.

Si les feuilles mettent plusieurs semaines à tomber en automne, les pousses et les fleurs changent chaque jour, voire au cours d’une même journée. C’est le moment où la vie jaillit de partout.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

C’est le moment où les fleurs sont reines… pour quelques jours.

 

C’est le moment de l’éveil et du jaillissement.

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