Enfin, l’hiver…

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Aucun texte alternatif disponible.Merci à Marie-Benette pour l’autorisation de publier son dessin !

J’ai horreur de la chaleur, de la bronzette, des journées farniente sur la plage, où on est badigeonné de sable et où on cuit… Je suis une vraie larve en été, je ne revis que quand les températures sont inférieures à 20°C.

J’aime l’hiver, les journées lumineuses et froides, voire glaciales, aussi bien que les tempêtes de neige, blottie bien au chaud (euh oui, je ne suis pas masochiste !) avec… un livre (non, des piles de livres) et… du thé.

Comment ça, les photos sont truquées ? Meuh nan, j’ai tellement hâte de voir la neige arriver que j’ai mis des photos prises l’hiver dernier.

Mais quel thé ?

Voyons… Un thé noir, corsé, mais sec. Un thé qui évoque des contrées sauvages et froides où l’on ne peut se chauffer qu’au bois.

Ah, la chaleur du poêle… Inimitable… Irremplaçable…

Dans ces moments-là, je n’ai pas envie de parfums proches des sous-bois, de la terre, du champignon et de l’humus : en clair, les thés fermentés comme les Puerhs, non merci. (1)

Je n’ai pas envie du tout, mais alors pas du tout, de thés verts, qui, même servis chauds, apportent une énergie froide. Désolée pour tous les fanas de cette catégorie, le thé vert est un thé adapté à la chaleur, pas au froid. Gardez-le pour le retour des chaudes journées.

J’ai envie de thés noirs qui dégagent une force et une puissante brutes. Pas de Darjeeling ni de Qimen, trop fins et délicats. Pas non plus d’Assam trop vite amers, qui nécessitent souvent du sucre et du lait (beurk !). Alors ? (1)

Et pour que ce soit encore plus compliqué, en hiver, je recherche des histoires qui se passent dans des pays où c’est le café qui règne en maître, l’Amérique du Nord ou la Scandinavie, et les histoires fantastiques, de fantasy ou steampunk… Mais je pars aussi en Russie, là où c’est le thé qui domine… Il me faut de l’aventure, du Nature Writing, des récits de voyage, de vie au grand air, des histoires de pionniers, d’explorateurs, de trappeurs, des régions volcaniques… Ah. Problème. (2)

Pendant la saison sombre et froide, je laisse au placard la porcelaine fine, je sors le grès, l’argile, les mugs de métal (super pratiques en balade), et le podstakannik. Le quoi ? C’est un verre à thé typiquement russe, enchâssé dans un support de métal finement ouvragé et surtout très stable, qui a été inventé, me semble-t-il, pour que le thé puisse être consommé en chemin de fer sans risque d’être renversé. Verre et métal, quoi de plus froid, et donc de plus adapté à l’hiver ? Je vous laisse explorer les photos de cet article pour découvrir ce que c’est…

Résumons :

Un thé qui évoque le feu de bois, celui qu’on fait dans un poêle ou en pleine nature, les flambées dans l’âtre (même si on n’a qu’un chauffage électrique), les contrées sauvages et froides. Un thé qui convienne à un voyage en Russie, en Amérique du Nord ou en Scandinavie… Un thé qui s’apprécie aussi bien dans un bol à l’émail craquelé, un mug artisanal irrégulier et organique que dans un verre russe fin… Un thé chargé d’histoire (et de clichés !)…

Et le gagnant est… le thé fumé chinois, dit Lapsang Souchong, ou son cousin le Tarry Souchong, encore plus fumé. On raconte que ce thé est le résultat d’une erreur. Un producteur, pris par le temps, voulut sécher sa récolte rapidement, trempée par la pluie (première version), ou parce que ses locaux étaient réquisitionnés par des soldats et que la pluie menaçait (autre version). Il fit donc sécher les feuilles sur des claies au-dessus de feux de bois. Las, les feuilles de thé, qui captent très bien les parfums, absorbèrent évidemment celui de la fumée. Le produit était sec, mais aucun client chinois n’en voulait. Alors, notre producteur, déconfit mais pas dépourvu d’idées, le proposa à des Occidentaux, en leur racontant que ce thé était typiquement chinois… Subterfuge qui prit, puisque le Lapsang Souchong est un thé chinois, consommé quasi-uniquement en Occident !

Donc, pour cet hiver, Thé.Livre.&Co. vous propose de partir :

  • En Russie, plus exactement en Sibérie et dans la taïgaA droite, le fameux podstakannik. Mystère résolu !

 

  • En Scandinavie et en Islande (3)

 

 

 

 

 

  • En Amérique du Nord, que ce soit au Canada ou aux Etats-Unis : Québec, Yukon, nord de l’Ontario, Wyoming, Michigan, Alaska…

  • Dans des univers parallèles :

 

Bon voyage ! Je vous laisse, ma bouilloire chante et mon livre m’appelle… N’oubliez pas votre couverture ni votre bonnet !

 

Notes :

Tout d’abord, je n’ai pas la place de présenter ici en détail chaque ouvrage… Je fais confiance à votre bibliothécaire, votre libraire ou tout autre dealer de textes pour vous éclairer.

(1) Précisions sur les thés évoqués :

Darjeeling : thé noir du nord de l’Inde, réputé dans le monde entier pour sa finesse. Je l’aime beaucoup, mais pas en ce moment.

Qimen ou Keemun : thé rouge (complètement oxydé) chinois, aux arômes chocolatés, assez « rond ». Là aussi, un peu trop doux pour les histoires que je présente dans cet article.

Assam : thé noir d’Inde, qui donne une boisson très corsée, mais sans le côté boisé du Souchong.

Puerh : thé sombre chinois, complètement oxydé et fermenté, aux arômes de cuir, de champignons, etc. Parfait en d’autres circonstances (je vous laisse chercher sur le blog), mais pas en ce moment.

(2) Les genres littéraires (Merci M.Wikipédia !) :

  • Une œuvre est de genre Fantastique quand elle relate des événements totalement étranges, le plus souvent irrationnels ou incompréhensibles, hors d’atteinte de la puissance humaine ou de l’explication rationnelle (apparition de doubles, de fantômes, de spectres ou de revenants ; labyrinthes étranges ; rêves ou prémonitions ; réincarnation ; événements maléfiques inexpliqués ou apparition de démons ; apparition d’anges ou d’anges gardien ; objets usuellement inertes mais devenus vivants, etc).
  • Une œuvre relève de la Fantasy lorsque le récit concerne des événements qui ne sont pas issus d’une rationalité sociale et factuelle actuellement identifiable et qui ne mettent pas en exergue des aspects scientifiques explicites ou implicites ; la Fantasy décrit un monde de fiction peuplé de personnages étranges dotés de certains pouvoirs (sortilèges, sorciers-sorcières, magiciens-magiciennes, gobelins, elfes, dragons, licornes, loups-garou, etc).
  • Le genre littéraire du Nature Writing (littéralement « écrire sur la nature » ou « écriture de la nature ») est né aux Etats-Unis dans une certaine tradition politico-philosophique remontant à Henry David Thoreau, mêlant observation de la nature et considérations autobiographiques. Il comporte quatre critères déterminants : l’environnement non-humain est évoqué comme acteur à part entière et non seulement comme cadre de l’expérience humaine ; les préoccupations environnementales se rangent légitimement à côté des préoccupations humaines ; la responsabilité environnementale fait partie de l’orientation éthique du texte ; le texte suggère l’idée de la nature comme processus et non pas seulement comme cadre fixe de l’activité humaine.

(3) Appartenir ou ne pas appartenir ? Bien qu’historiquement et culturellement proche de la Scandinavie, l’Islande est une île et en est donc séparée géographiquement. J’ai choisi de ne pas l’inclure dans la Scandinavie. Si je me trompe, je vous serai infiniment reconnaissante de rectifier mes énormités.

 

 

4 thoughts on “Enfin, l’hiver…

    1. A ma connaissance, non. juste au charbon et électriques. Quant aux températures, ça doit être vachement agréable, au contraire, de prendre le thé dehors, autour d’un samovar, avec de chaudes couvertures et un bonnet… Je vais lancer une cagnotte pour mon ‘tit Noël, avec les podstakanniks ! Sans oublier les pirochkys.

    1. ça fait longtemps que je n’ai pas de nouvelles d’Agafia. Va falloir que je retourne en Sibérie. Avec une bonne provision de thé noir et un samovar (non électrique, il sera totalement autonome dans la taïga).

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