Le MAAOA. Aventures à Marseille (2).

For the English text, look for the flag below !

(Source : Wikipédia)

Le MAAOA n’est pas un cri de guerre, mais l’acronyme du Musée des Arts Africains, Océaniens et Américains.  Il est situé au deuxième étage du centre culturel de la Vieille Charité, dans le 2ème arrondissement de Marseille. Pour plus de détails, rendez-vous sur le site !

Même si vous n’êtes pas amateurs d’ethnologie ou d’art, le bâtiment lui-même vaut la visite. C’est un hospice du XVVIIème siècle, en pierre rose et blanche, reconverti en centre culturel. Il a été conçu pour accueillir les indigents, selon le principe du « grand enfermement » des pauvres pratiqué par la ville de Marseille à cette époque.

Le bâtiment forme un rectangle sur trois niveaux, avec une galerie extérieure couverte qui permet de passer d’une salle à une autre à l’abri des intempéries. Les quatre ailes sont fermées sur l’extérieur. Au centre de la cour, une chapelle.

Sur le plan pratique, il est conseillé de s’y rendre en tram, car se garer dans le quartier est extrêmement compliqué !

D’autre part, les mesures de sécurité à l’entrée du musée sont draconiennes. Vous devez vider toutes vos poches, et vous passez au détecteur de métaux. J’avais sur moi un canif de poche. Les agents de sécurité vous les interdisent, mais refusent de les garder. Mon amie (merci à elle!) a donc pris l’objet du délit et est allée le confier à une boutique proche… De même, les bouteilles d’eau sont interdites. Vous les laissez à l’entrée. Bref, comme dans les aéroports… même si ce n’est pas le même genre de voyage qui vous attend !

Nous avons visité l’exposition permanente du MAAOA. Nous n’avons pas pu, hélas, voir l’exposition Picasso qui ouvrait le jour de notre visite, car, avec 4 enfants, cela aurait été trop long. Quand on a demandé aux princesses de choisir entre Picasso et la momie, leur réponse a été unanime : « La momie ! »

Il fallait s’y attendre !

Et, pour être honnête, même si je regrette de ne pas avoir vu les salles consacrées à Picasso, les collections permanentes valent le détour. Je me console en me disant que cette exposition dure jusqu’au mois de juin, j’aurai donc l’opportunité d’y retourner !

Ces collections permanentes sont constituées de dons par des particuliers ou des institutions (la CCI de Marseille, par exemple).

Ce n’est pas tous les jours qu’on a l’occasion de voir des chats, des crocodiles et des ibis momifiés. Ce n’est pas non plus à chaque coin de rue qu’on peut admirer une momie humaine sans ses bandelettes. Pour protéger le corps des effets nocifs de la lumière, il est exposé allongé dans son sarcophage, le couvercle suspendu à environ 20 cm au-dessus de la partie inférieure. Cette disposition oblige à se contorsionner pour distinguer les détails, mais je dois reconnaître que c’est une expérience assez amusante. Et ce monsieur est très bien conservé. Détail qui n’a pas échappé aux petites visiteuses : « On voit le zizi de la momie ! »  (Je n’ai pas dû me pencher assez, parce que je n’ai rien vu à l’endroit-cible…)

Pourquoi a-t-il été dépouillé de ses bandelettes ? Tout simplement parce qu’à l’époque de sa découverte (XIXème siècle, il me semble), les couper était le seul moyen de voir le corps et de déterminer son sexe. Après, il était évidemment impossible de les remettre.

Les antiquités égyptiennes ont vraiment fasciné mes filles, beaucoup plus que les objets issus d’autres cultures. Peut-être parce que ce sont les premières que nous avons vues, elles étaient donc encore concentrées (les filles, pas les cultures).

Elles ont aussi admiré des tablettes de cire servant à l’entraînement d’un apprenti-scribe. De retour à la maison, il a fallu que nous en fabriquions ! J’ai mis leur Papi à contribution. A l’aide d’un couvercle de bourriche d’huîtres et de baguettes de bois, il a réalisé un cadre dans lequel j’ai fait couler de la cire d’abeille. Bricolage simple, mais à réaliser impérativement par un adulte, en raison des risques de brûlure avec la cire fondue. Et, pour préserver la casserole, j’ai fait fondre la cire au bain-marie, dans une vieille boîte de conserve. Vous pouvez admirer ci-dessous le résultat !

Si, pour les enfants, la momie constitue le point d’orgue de la visite, pour les adultes, d’autres surprises sont à voir. Je n’ai pas pris de photos, les objets étant présentés derrière des vitres, et je préférais remplir mes yeux !

Par exemple, des coiffes en plumes d’Amazonie. Des masques traditionnels de plus d’un mètre de haut (Afrique).

Et, ce qui m’a le plus impressionnée, des têtes humaines reconstituées. Plus exactement, il s’agit de crânes sur lesquels le visage a été remodelé à l’aide d’une pâte végétale. Les cheveux sont faits de fibres végétales ou… de toiles d’araignées aussi épaisses que celles dans lesquelles on peut se prendre en visitant le grenier d’un manoir hanté. Glauque ? A première vue, oui, et je ne voudrais pas les avoir chez moi. Mais ces crânes étaient ceux d’ancêtres dont le visage a été recréé : une façon de garder ses aïeuls avec soi.

Autres présentations inattendues : des têtes réduites. Oui, comme dans les films et comme dans Tintin. Des têtes humaines réduites à la taille d’un poing. Je ne sais pas quelles étaient les techniques employées, le cartouche ne l’expliquant pas. C’est d’ailleurs un des points faibles, sans doute volontaire : il n’y a pas d’explications détaillées sur les oeuvres présentées (origines, techniques, destination).

Une salle est consacrée aux arts populaires du Mexique, et notamment au rapport à la mort. Angoissantes dans un premier temps, je pense que les sculptures multicolores détaillées sont une façon de l’apprivoiser. Après tout, même quand quelqu’un meurt, la vie continue pour le reste du monde ! Une façon de réfléchir à mon approche de ce moment inévitable. Pourquoi, après tout, ne pas créer sur le sujet, au lieu d’en faire un tabou ? Ne pas en parler ne l’éloignera pas et ne ramènera pas les disparus.

Je suis partagée au sujet de ce musée : il est passionnant de découvrir d’autres cultures, d’autres formes d’expression artistique que ce que nous connaissons en Europe, et j’ai énormément appris sans quitter la France, ce qui n’est pas accessible à tout le monde. Cependant, beaucoup de ces objets étaient destinés à un usage religieux ou rituel, et n’avaient pas simplement des visées esthétiques. Je me suis sentie mal à l’aise, comme si je profanais des lieux emplis de sacré. Après tout, je serais choquée si on exposait des cercueils et des objets d’art religieux chrétien, juif ou musulman dans un musée à titre de curiosités ! D’autre part, beaucoup de ces objets ont été apportés en France à l’époque de la colonisation… N’est-ce pas du vol pur et simple ? Ne serait-il pas juste qu’ils soient rendus à leurs pays d’origine ?

En attendant, je vous laisse,  l’eau est chaude et mon livre m’attend…

 

The MAAOA is not a war cry, but the acronym for the Museum of African, Oceanian and American arts. It is located on the third floor of the cultural center of la Vieille Charité (photo at the beginning of the article), in Marseilles. For more details, visit the website !

Even if you are not interested in ethnology or art, the building is worth seeing. It is a seventeenth century white stone hospice, reconverted to a cultural center. It was built to shelter poor people, following the rule of the confinement of the poor by the Marseilles rulers of the time.

The building is a three-floored rectangle, with a covered outdoor gallery that allows going from one room to the other without suffering from heat, rain or wind. The four sides have windows on the inner side only. When you are inside, you can’t see the streets. There is a chapel in the middle of the yard.

Practical suggestion : go there by tramway, because parking is very, very difficult in the area !

Moreover, safety measures at the museum are really draconian. You must empty all your pockets, and you are submitted to a metal detector. If you have forbidden items with you, you must leave them outside the museum : no security agent will keep them for you ! And water bottles are prohibited too ; however, you can leave them on a table at the entrance. It’s just like going on a plane… even though it is a very different way to travel !

We visited the permanent collections. We had intended to see an exhibition about Picasso, opening on this very same day, but the children with us chose to see the mummy. It was expected…

To be honest, even though I wish I had visited this specific exhibition, the permanent collections are beautiful and impressing. The Picasso exhibition lasts until June, so I hope I will have the opportunity to go there again !

These permanent collections are made of gifts from individuals or institutions.

It is not ordinary to see mummified cats, crocodiles and ibis. It is not ordinary either to be able to admire a human body without its cloth strips. To protect the body from the harmful effects of the light, it is lying in its coffin, the lid hanging about 20 cm over it. This makes you bend to see the details, but it was fun ! And this guy is really well preserved. The girls didn’t miss one detail : « Hey, we can see his willy ! » (I must not have bent enough, for I could not see anything on this precise part of the body…)

Why was he stripped of his cloth ? For a very practical reason : when it was discovered (19th century, I think), cutting them was the only way to see whether the mummy had been a man or a woman. And it was of course impossible to put them back afterward.

Egyptian antiquities fascinated my daughters much more than the items from other cultures. Maybe because they are the first ones we saw, so they were not tired yet.

They admired wax slates used by apprentice scribes to learn how to write. Back home, we had to make some ! Their Grandpa made a frame with a small board and wood sticks, and I poured melted bee wax in it. A very simple DIY, but that must be made by an adult, since melted wax burns ! To avoid ruining my pot, I melted the wax in an old tin can, using the bain-marie technique. I let you admire the result !

 

 

 

 

 

 

 

 

Of course kids – and adults alike ! – can be fascinated by the human mummy, since it is fascinating indeed. However, there are many other surprises and beauties to be seen. I did not shoot any picture, since the items were behind a glass, and mainly because I preferred filling my eyes with these wonders !

For instance, hats or headdresses made with feathers, from Amazonia. Or traditional masks, more than 1 meter high, from Africa.

And, what impressed me most, reconstructed human heads. More accurately, they are skulls on which the face was made again with a vegetal paste. The hair was made with vegetal fibers or… spider webs, as thick as the ones that decorate haunted castles. Creepy ? That is what I first thought, and I would not have that in my house. But these skulls belonged to ancestors whose face was re-created after death : one way to keep one’s ancestors at home.

Other unexpected items : shrunken heads. Real ones. Like the ones in movies ! Human heads no bigger than a fist. I don’t know how they were made, it was not explained. By the way, this lack of detailed explanations is one of the weaknesses of this museum : origins, techniques, goals and uses of the object.

One room is devoted to Mexico’s popular arts, & to the relationship with Death. Scary, but I think that the very detailed & colorful sculptures are a way to tame the fear of Death. After all, even when somebody dies, life goes on for the rest of the world ! A good opportunity to think about my own vision of this unavoidable moment. Why not creating about it, instead of making it taboo ? Not talking about it will not repel it, nor will it bring the deceased back.

I am ambivalent about this museum : it is exciting to discover other cultures, & artistic creations very different from the European ones. I learnt a lot without leaving France, & I would never have seen them without this museum. However, many of these objects had a religious use, & not only aesthetic goals. I felt unconfortable, as if I was sully sacred artefacts. I would be shocked if coffins or Jewish, Muslim or Christian religious items were displayed in a museum, like everyday life objects ! Moreover, these objects were brought to France during colonization of other continents. Isn’t it sheer theft ? Wouldn’t it be fair to return them to the countries where they were born & where they belong ?

 

What do you think about it ? I must go, the kettle is whistling and my book is waiting for me…

 

2 thoughts on “Le MAAOA. Aventures à Marseille (2).

  1. My great grandmother was raised on this piece of land. In the day there was no transportation except to canoe around to go fishing or hunting. My great grandmother fished a lot, and always did some berry picking to preserve for the winter time. I love the fact that the land is very well preserved and taken care of. I love the forest and the fact that nobody didn »t build any skyscrapers onto the piece of land. Something that I would really hate the idea of. Never know where our Ancestors are buried at in the park. I »ve never gotten around to asking my Great Grandma. I love Stanley Park just the way it is. I »ve got so many fond memories of the Zoo, and other attractions the park offered. cheap

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