Le début de la fin de l’hiver, vraiment ?

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L’image contient peut-être : arbre, plante, fleur, ciel, plein air et nature

 

 

 

 

 

 

(Source : People’s Daily, China. Quotidien chinois)

C’est beau, n’est-ce pas ? Ça fait envie, non ? Fin janvier, Fujian, une province du sud-est de la Chine, face à Taïwan. On y va ?

Maintenant, jetons un oeil par la fenêtre.

Sans commentaire. Je retourne sous la couette !! (avec un livre et un thé, faut-il le préciser ?)

 

La météo de ces derniers jours me contraint à réécrire entièrement cet article. En effet, comme je le disais dans l’article sur la mandarine de puerh, autant janvier a été relativement clément au début, autant depuis la semaine dernière, il nous sort le grand jeu : le froid, la neige…

Vous m’objecterez que, sous nos latitudes, ces manifestations n’ont rien d’extraordinaire, et que les stations de ski en sont sûrement ravies. Mouais. D’abord je me dis que je ne suis pas faite pour les Alpes. Ensuite, je ne fais pas de ski.

Je commençais déjà à penser thés wulongs faiblement oxydés, proches des thés verts, voire thés verts légers et rafraîchissants ; à envisager de remiser les tasses massives en argile et en grès au profit de bols plus délicats en porcelaine…

Mais quand je vois la neige autour de chez moi, c’est la douche froide.

Il paraît qu’on va bientôt voir le bout du tunnel… Mais quel bout ? La sortie de l’hiver ? J’ai plutôt l’impression d’en voir l’entrée…

 

Pourtant, d’après le calendrier lunaire, février est le début du printemps, aujourd’hui 1er février on célébrait Imbolc chez les Celtes, et demain ce sera la Chandeleur. A la Chandeleur, l’hiver se meurt ou prend vigueur. J’suis pas méchante, mais j’ai bien peur qu’il ne survive encore plusieurs semaines…

En Chine, le Nouvel An lunaire, cette année fêté le 5 février, marque le début de l’année lunaire, mais surtout le début de la fête du printemps qui se déroule sur quinze jours et s’achève avec la fête des lanternes.

Les lanternes, les chandelles : le symbole de la fin de l’hiver. Après tout, Chandeleur vient du mot « chandelle ».

Il y a pourtant une certaine logique, malgré les facéties de la météo, à faire de février le début du printemps.

Je vous mets ci-dessous un schéma qui montre comment on ressent les saisons, même si ces sensations ne correspondent pas au calendrier officiel. Le calendrier lunaire chinois est fondé sur cette conception.

Et si on observe attentivement la nature, même en pleine ville, on s’aperçoit que l’hiver faiblit un peu. Si si. Je vous assure.

D’abord, les jours ont beaucoup rallongé, et la lumière est bien plus présente qu’il y a quelques semaines.

Ensuite, dès que le soleil se montre, il fait bon. Pas encore chaud, pas assez pour se promener en ti-shirt, mais le soleil est plus chaud qu’il y a quelques semaines.

Et je sens mon niveau d’énergie intérieur monter. J’ai attaqué le nettoyage de printemps…

Prudence, tout de même (et un petit coup d’œil à la photo n°2). On ne ressent que les frémissements du printemps, qu’un coup de givre pourrait balayer.

Alors, comment fêter ce moment de l’année, à mi-chemin entre le solstice d’hiver et l’équinoxe de printemps ?

On ne rentre pas tout de suite l’appareil à raclette ni à fondue. On ne sort pas tout de suite le barbecue.

On laisse les bougies sur la table pour célébrer le retour de la lumière. Chandeleur vient du mot « chandelle » !

Bref, on apprécie encore les plaisirs de l’hiver :

Raclette, fondue au fromage, crêpes, petites chandelles, feu de cheminée (pour les veinards), soirées cocooning entre un livre et une tasse de thé, ou soirées câlines (coquines) sous la couette (fait un peu froid tout de même pour s’en passer!).

Mais on prépare aussi l’année nouvelle et l’installation complète du printemps :

  • élaboration de projets, grands ou petits, personnels ou professionnels
  • préparation du jardin pour ceux qui aiment ça (pas moi!)
  • nettoyage de la maison, nettoyage intérieur (sur quoi vais-je lâcher prise?)

On note les mots-clés :

Jeunesse, transformation, émergence, réveil, transition.

Parce que vous vous réveillez d’un coup, vous ? Moi, non. Il me faut du temps pour émerger, chaque matin. Alors imaginez la nature comme un dormeur qui sort de sa torpeur. Elle n’a pas envie de se brusquer. Elle jette un oeil dehors, et replonge sous la couette. Au bout d’un moment, elle se décidera à se lever. L’incertitude : sera-t-elle lève-tôt ou lève-tard cette année ?

Bon, qu’est-ce qu’on peut lire alors ?

  • L’assassin royal, de Robin Hobb. Le héros est jeune, il découvre sa nature profonde, apprend à se connecter à la nature, et son amie est chandelière. Evasion garantie !

  • Une odeur de gingembre, d’Oswald Wynd, pour la capacité de l’héroïne à reconstruire sa vie (sans mélo).

  • Imbolc, pour ceux qui s’intéressent à la religion Wicca.

  • La pédagogie Steiner Waldorf à la maison, de Monique Tedeschi, présenté en détail ici.

  • Des livres d’organisation de la maison et de sa vie par la même occasion : d’inspiration zen, A Monk’s Guide to a Clean house and mind (non traduit en français, hélas), ou The Life-Changing Magic of Tidying (La magie du rangement), de Marie Kondo. Plus occidental (très nord-américain, on aime ou on déteste), Sink Reflections (Entretiens avec mon évier), de Maria Cilley.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et qu’est-ce qu’on boit ?

Suivant les jours et donc la météo, on peut se tourner vers des thés encore enveloppants, doux, qui réconfortent, mais plus légers que ceux du plein hiver. OK, c’est-à-dire ?

  • des wulongs assez oxydés, voire torréfiés :

Alishan torréfié

Da hong Pao

  • un thé wulong floral ET vanillé :

Beauté Orientale (Bai Hao)

  • des thés noirs de Darjeeling ou du Sri Lanka

 

Dans quoi ?

  • Pourquoi pas un podstakannik (sur la photo suivante, à droite) ? Après tout, l’accord verre-métal évoque aussi bien le froid de l’hiver que la légèreté du printemps.
  • Ou THE mug fait exprès (bon, d’accord, c’est juste un hasard) : décor de fleurs et d’oiseau sur fond gris. Délicatesse du printemps sur fond hivernal.

 

Bref, on est dans l’entre-deux : plus vraiment l’hiver, mais pas encore le printemps.

Ci-dessous, un extrait du livre de Monique Tedeschi (p.193), sur la période entre Imbolc (la Chandeleur) et l’équinoxe de printemps :

« Il fait encore froid, et souvent il gèle encore ; la neige peut encore tomber en certains endroits. Dehors, les oiseaux cherchent partout à manger et ils ont bien besoin des graines, de la graisse et autres miettes de pain que vous laissez pour eux. La terre est détrempée, comme sans attrait. La fin de l’hiver est peut-être la période la plus difficile de cette saison, les mois de janvier et février sont souvent les plus froids. L’hiver semble souvent s’éterniser… Nous sommes au cœur de son emprise. Et pourtant, la luminosité est plus grande, les jours plus longs. Plein de petites pousses émergent de terre un peu partout, et les arbres et les buissons, tout doucement, se mettent à bourgeonner. Quelques taches de couleurs, ici ou là, éclatent : jaunes des primevères et des jonquilles, roses et bleus des jacinthes. Serait-ce le printemps qui s’en vient ? »

 

Et un extrait d’Imbolc : vous pouvez sauter la VO pour passer directement à la VF, juste après.

« When the dark days of winter seem to have gone on forever, the first sing of spring refreshes our souls. It is a promise that winter will not last forever and that warm and fertile days will come again soon. (…) Imbolc is the light at the end of the tunnel, the birth of the new spring. It is a small light, like a candle seen in the distance, because spring is still some distance away. »

Traduction personnelle : « Quand les jours sombres de l’hiver paraissent s’éterniser, le premier chant du printemps rafraîchit nos âmes. C’est une promesse que l’hiver ne durera pas éternellement et que les jours chauds et fertiles reviendront bientôt. Imbolc est la lumière au bout du tunnel, la naissance d’un nouveau printemps. C’est une petite lumière, comme une bougie vue de loin, parce que le printemps est encore loin. »

Et je ne résiste pas à vous rappeler ce que dit ce cher Albus Dumbledore* :

« Mais vous savez, on peut trouver le bonheur même dans les moments les plus sombres… Il suffit de se souvenir d’allumer la lumière. »

Comment ça, un peu mélodramatique ?

Je vous laisse, ma bouilloire chante & mon livre m’appelle…

 

 

Note :

  • Albus Dumbledore est le directeur de Poudlard, l’école de sorcellerie anglaise où Harry Potter suit ses études.

 

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